Do You Speak French?

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Pour la tâche finale de la partie « Web et didactique des langues » du module D9CH2 « Approches et usages pédagogiques disciplinaires de la Foad », Christian Ollivier nous a demandé de proposer une tâche dans une approche interactionnelle à des apprenants de langue de niveau B1/B2, réalisée sur un site du Web 2.0.
Après l’avoir définie, il nous fallait  proposer des aides stratégiques, des ressources et des exercices en ligne accompagnant les apprenants dans sa réalisation.

L’objectif général de la tâche interactionnelle que j’ai construite pour des apprenants de niveau B2 était de produire et de partager un article sur un blog présentant leur projet professionnel et leur CV.

Les objectifs intermédiaires étaient de :
– créer un CV sur le site Web Do You Buzz
– rédiger un article de quelques lignes sur le projet professionnel de l’apprenant, le domaine ou le métier visé, sur le blog du cours Do You Speak French?
– de commenter l’article d’un autre apprenant
– d’utiliser le site de miccroblogging Twitter pour partager plus largement le CV et l’article

Inscrite dans une approche interactionnelle, la tâche proposée demande une réelle implication de l’apprenant. Grâce aux outils du Web 2.0, il va agir en tant qu’acteur social en partageant ses productions sur un blog, mais aussi sur un site professionnel et via Twitter. L’objectif  est de créer des interactions non seulement entre apprenants sur le blog, mais aussi de générer des échanges beaucoup plus larges grâce au site Do You Buzz et à l’outil Twitter.

L’ensemble de la tâche est décrite dans le document ci-dessous, et intégralement en ligne sur le blog Do You Speak French?

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Web 2.0 et usages dynamiques : enjeux pédagogiques

app-68002_150Le module D9CW2 « Web 2.0 et usages dynamiques » touche à sa fin, à mon grand regret.
J’ai énormément appris grâce à ce module et cela a été passionnant pour moi.

Je tiens à remercier les deux enseignantes, Deborah ARNOLD et Faouzia MESSAOUDI, pour ce module dynamique et très collaboratif, ainsi que les autres étudiants pour les échanges notamment sur les forums, qui m’ont beaucoup apporté.
Cela a été pour moi un réel plaisir de participer à ce cours car il m’a notamment permis de mener une réflexion quant à ma pratique pédagogique, mais aussi en ingénierie de formation et j’ai souvent pu le lier notamment à celui de Madame Poumay, construction des connaissances et e-formation, et celui de Monsieur Ollivier, approches et usages pédagogiques disciplinaires de la Foad.
Par ailleurs la méthodologie de travail  a été pour moi très efficace car j’ai passé des heures à travailler sans m’en apercevoir! J’ai exploré le Web et fait des découvertes passionnantes grâce au cours, aux étudiants et à mes propres recherches.
Professeur d’informatique, j’ai naturellement une affinité avec l’objet du cours au delà de mon intérêt pour les outils du web 2.0 et leur application pédagogique en tant que chargée de projets e-formation. Entraînée dans le quotidien, je ne prenais pas suffisamment le temps de la recherche sur le Web. Ce cours m’a permis de prendre ce temps sereinement et de découvrir ou d’apprendre à connaître davantage des outils efficaces et motivants.

Twitter a notamment été une révélation tant en termes d’information que de communication, mais aussi comme outil pédagogique que je vais utiliser en classe et en formation à distance dés que possible.
J’ai aussi utilisé notamment Wikipedia, Animoto et ZohoShow en classe et les élèves travaillent d’eux-mêmes avec ces outils hors classe et m’envoient leurs productions spontanément.

Au fur et à mesure de l’avancement du cours, de plus en plus d’idées ont germé quant à l’utilisation de ces outils, que ce soit en présentiel ou à distance, seule ou en collaboration avec des collègues. Cela m’a permis de concrétiser des projets que j’avais initiés par le passé, mais que je ne mettais que très peu en œuvre par manque de temps.

Au delà de la découverte et la mise en pratique d’outils du Web 2.0 dans l’apprentissage, j’ai pu faire le point sur les enjeux liés à cette utilisation.

A l’ère du Web 2.0, on sait que presque la moitié des adolescents passent plus de 2 heures par jour sur Internet (Le Monde de l’Education, 2008). Ces jeunes apprenants ont par ailleurs besoin d’activités diversifiées et d’accéder à l’information de façon immédiate (Médiamétrie, 05/11).

Utiliser Internet et notamment les outils du Web 2.0 pour l’apprentissage peut donc être, sous certaines conditions et dans un cadre clairement défini,  une des réponses aux changements sociétaux induits par l’explosion de ces services en ligne et donc aux changements des pratiques d’apprentissage qui en découlent.

Le Web 2.0 est un Web social qui permet aux enseignants d’initier de nouvelles pratiques d’enseignement. L’évolution des TIC et du Web touche non seulement l’apprentissage traditionnel en présentiel, mais permet aussi le développement du e-learning avec ses outils synchrones et asynchrones.

Utiliser les applications du Web 2.0 en formation, c’est s’inscrire dans une approche interactionnelle, constructiviste et socio-constructiviste de l’apprentissage : l’apprenant apprend en faisant et partage son savoir avec ses pairs. Elles permettent aux apprenants comme aux formateurs de collaborer, d’échanger.

Ces outils dynamiques présentent l’avantage de capter l’attention des plus jeunes. Ils permettent aussi d’élargir le cadre d’apprentissage puisque l’on peut travailler en classe de façon synchrone mais aussi à l’extérieur en asynchrone. De plus, la plupart des outils du Web 2.0 est gratuite et donc accessible à tous si l’on dispose de l’accès à un poste informatique et à Internet.

Tous ces outils n’ont toutefois pas le même intérêt pédagogique, comme on a pu le voir dans les séquences du cours Web 2.0, et des précautions sont à prendre quant à la sécurité des données et à la  fiabilité des informations que l’on trouve sur le Web. Leur utilisation permet donc à l’enseignant de contribuer à développer chez les apprenants une réflexion quant à l’utilisation de ces outils et aux conditions de celles-ci en terme de responsabilité et d‘éthique. La notion d‘identité numérique est essentielle.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que l’identité numérique du formateur est aussi en jeu et qu’elle ne doit pas non plus être négligée. En effet, utiliser le Web 2.0 en tant que professionnel de l’éducation permet de valoriser régulièrement son travail, ses activités, et de les partager avec ses collègues. L’ère de la classe fermée au monde extérieur est abolie, on travaille maintenant avec le monde entier.
La visibilité de l’activité de l’étudiant et du formateur est donc source de motivation pour ces deux acteurs et la valorisation de leur travail respectif est un facteur de réussite.

Comme on l’a vu dans les séances du cours, le Web 2.0 permet aussi aux enseignants d’apprendre à chercher, d’apprendre à apprendre, mais aussi de contribuer à développer chez les apprenants des compétences technologiques et informationnelles qui ne sont pas spécifiées comme telles dans les programmes ou les référentiels, mais très largement utiles dans le monde professionnel et dans la vie personnelle : travailler en collaboration, communiquer, échanger, collaborer, rédiger. Par ailleurs, la notion de formation tout au long de la vie, pierre angulaire de la formation à distance, est un enjeu majeur de l’utilisation du Web 2.0 comme outil d’apprentissage.

L’acquisition de nouvelles compétences semblent alors nécessaires par les enseignants et les apprenants, notamment sur la gestion de l’identité numérique, l’utilisation des réseaux sociaux et le droit d’auteur. Pour les enseignants, la pédagogique doit donc être adaptée à l’ère du Web 2.0 et contribuer à développer l’apprentissage individuel mais aussi collaboratif et en réseau.

Toutefois, l’utilisation pédagogique des outils du Web 2.0 présente des limites.
Elle sous-entend en effet d’une part que les établissements dispensant une formation soient équipés en matériel adéquat et dispose d’un accès à Internet suffisant en termes de débit, mais d’autre part que les apprenants aient aussi accès individuellement aux mêmes types d’équipement. Se pose alors la problématique de la fracture numérique.

De plus, en termes d’encadrement et d‘évaluation, ces nouvelles applications génèrent des changements dans les pratiques pédagogiques qu’il est encore difficile de mesurer. Est-ce que l’utilisation de ce type d’outils de demande pas plus de travail pour l’enseignant ? En effet, la veille sur le Web est chronophage et l’infobésité n’aide pas à gérer son temps. De plus, les anciennes frontières en classe/hors classe sont progressivement rayées. Lorsque l’on utilise les outils des Web 2.0, on donne des feedback hors classe et on prolonge ainsi le temps de face à face.

Par ailleurs, peut-on encadrer efficacement l’ensemble des utilisations des apprenants ? Permettre aux apprenants de publier par exemple sur le Web implique une confiance réciproque puisqu’il semble difficile de contrôler l’ensemble des publications. Cela nécessite comme déjà dit précédemment de former les apprenants en termes d’éthique et de responsabilité.

Enfin, un changement des critères d’évaluation n’est-il pas nécessaire? L’évolution des méthodes pédagogiques et l’élargissement des objectifs à l’acquisition de compétences complémentaires nécessitent, si l’on souhaite appliquer une pédagogie de qualité, de revoir ses méthodes d’évaluation et ses critères.

Pour résumer, on peut donc dire que les principaux enjeux de l’utilisation pédagogique du Web 2.0 sont :
– la lutte contre la fracture numérique
– le développement de nouvelles pratiques d’enseignement adaptées aussi à de nouvelles pratiques d’apprentissage
– la formation des enseignants pour une prise en main rapide et adaptée
– l’acquisition d’un équipement informatique et Internet haut débit dans les lieux de formation et pour les apprenants
– l’apprentissage de l’utilisation du Web à bon escient (gestion de l’identité numérique, recherche, droit d’auteur, regard critique, travail collaboratif et apprentissage informel, sécurisation des postes)

Pour conclure, voici l’intervention passionnante de François Taddei aux Assises du Numérique 2012 qui aborde notamment les enjeux de l’introduction du numérique à l’école : quels sont les apports du numérique et sa réelle valeur ajoutée ? Comment co-construire des éco-systèmes d’apprentissage innovants et coopératifs avec tous les acteurs, parties prenantes du système éducatif ?

Production d’une formation hybride à la réalisation de séquences pédagogiques interactives

students-99506_150Dans le cadre du cours D9CM3, Mme Marianne Poumay nous a demandé de réaliser par groupe de 4, un travail à construire tout au long du cours.

Stéphanie, Claire, Fatima et moi avons choisi un projet de formation que nous avons décrit en tentant de démontrer la cohérence entre nos visées (objectifs et/ou compétences), les méthodes choisies et l’évaluation envisagée.

Voici le descriptif complet de notre formation à la réalisation de séquences pédagogiques interactives grâce au logiciel Hot Potatoes :

Utiliser le e-portfolio en lycée professionnel

teaches-67878_640Enseignante en lycée professionnel agricole, le cours sur l’outil e-portfolio me permet évidemment de réfléchir à son utilisation avec les élèves de l’établissement.

Les jeunes que nous accueillons de la 4e au Bac Pro présentent des niveaux en informatique et en français très hétérogènes. Pour la plupart, la rédaction, l’autonomie, le travail personnel et la lecture sont difficiles. Un certain nombre d’entre eux présentent des troubles de type dyslexie, dysorthographie, dyscalculie ou encore dyspraxie.
Le e-portfolio pourrait être une réponse à l’hétérogénéité de ce public car permet une individualisation de l’apprentissage et du rythme d’apprentissage, mais pourrait en même temps accentuer les différences et les difficultés de certains : les troubles et les difficultés rencontrées par ces jeunes doivent être intégrés dans la réflexion afin qu’ils ne soient pas désavantagés, en envisageant entre autres un accompagnement spécifique pour eux.
Un des freins à la mise en place de e-portfolios réside aussi dans le manque d’autonomie de ces jeunes, pour qui travailler et travailler seul n’est pas chose aisée. Pourtant, le rôle de l’équipe éducative est de les accompagner progressivement vers cette autonomie et l’utilisation du e-portfolio avec l’aide d’un adulte semble un moyen approprié pour y contribuer.
Par ailleurs, sur le plan technique, certains élèves ne disposent pas de l’outil informatique au domicile, dans leur foyer d’accueil ou à l’internat : la fracture numérique existe, d’autant que l’établissement se trouve dans une zone rurale et recrute donc des jeunes issus de celle-ci. Comment y remédier? Aménager des plages horaires pour permettre l’accès aux salles informatiques en dehors des heures de cours semble nécessaire.

Malgré les freins que l’on devine, un tel projet présente pourtant de nombreux avantages.
Il peut permettre aux élèves de mettre en évidence des compétences et des connaissances dont il n’avaient pas conscience et ainsi favoriser leur confiance en eux. Je constate en effet lors de la réalisation de divers travaux personnels tels que la rédaction du CV par exemple, qu’une grande partie d’entre eux estime ne rien savoir et ne rien savoir faire et présente des difficultés à montrer à un employeur qu’ils possèdent les compétences et les qualités nécessaires à un emploi. Ceci est dû à un important manque de confiance en soi (jeunes en échec scolaire ou déscolarisés) mais aussi au fait que la réflexion personnelle est parfois difficile. En engageant alors une discussion leur permettant de réfléchir à leurs expériences, à leurs connaissances acquises au sein du système scolaire ou ailleurs, on remarque qu’ils parviennent petit à petit à verbaliser leur bagage, ce qui les surprend dans un premier temps et les rassure.
De plus, l’outil informatique étant généralement apprécié par les élèves, on peut penser que la mise en place d’un e-portfolio ne rencontrerait que peu de réticence de leur part, voire même un certain enthousiasme et leur permettrait aussi d’acquérir et de démontrer leurs compétences dans le domaine des TIC.

Du côté des enseignants et des éducateurs, utiliser le e-portfolio en classe permettrait une multidisciplinarité s’il était potentialisé par l’ensemble de l’équipe éducative. Il représente un outil de cohérence pour la formation, tant transversalement que longitudinalement. Les élèves, les parents et l’équipe disposeraient ainsi de preuves concrètes et individualisées de l’évolution, de la progression des jeunes au sein de leur formation.
La pluridisciplinarité et la transversalité sont de plus en plus importantes dans l’enseignement et le e-portfolio peut permettre un rapprochement des équipes éducatives, qui n’est pas toujours chose aisée en regard de la lourdeur des programmes et de la disponibilité des personnels.
Pour utiliser cet outil de façon efficace, les adultes des établissements devraient être formés à son utilisation car un des freins majeurs semble être le manque de maîtrise de l’outil informatique, des TIC et de l’utilisation du Web par les formateurs et les éducateurs.
Si l’on se place enfin à l’échelle de l’établissement, un des enjeux dans la mise en place de e-portfolios est la communication et l’image. Utiliser des pratiques pédagogiques et des outils innovants et le montrer est un argument de plus pour promouvoir la structure et donc jouer positivement sur le recrutement.

Beaucoup de questions d’ordre pédagogiques, techniques, sociales sont soulevées lors de la réflexion sur la mise en place de e-portfolios au lycée et ce projet doit être discuté en équipe afin d’obtenir l’adhésion globale de celle-ci pour réussir, mais aussi pour permettre de trouver des solutions qui pallieraient aux différentes difficultés rencontrées.